Messagepar Jericho » 09 Septembre 2019, 07:57
Prototype de drone captif de reconnaissance et de guerre électronique ouest-allemand des années 1960 et 1970.

Dans les années 1960, la Bundeswehr désire disposer d’un moyen de reconnaissance sans avoir besoin d’engager la Luftwaffe. Dornier étudie alors, sur fonds propres, un appareil captif pouvant voler en stationnaire à quelques centaines de mètres du sol. Pour cela, le constructeur allemand reprend en 1966 certains éléments des mini-hélicoptères démontable Do 32, principalement le système de motorisation et de sustentation, ce qui donne le Do 32K Kiebitz (Vanneau). Ce démonstrateur de drone captif, volant en stationnaire jusqu’à 200 mètres au-dessus du sol, n’est équipé d’aucun appareil de reconnaissance, mais il valide la faisabilité du concept.

Par la suite, Dornier continue avec le Do 34 Kiebitz II, plus grand et plus lourd, motorisé par une turbine Allison. Sans équipage, il est constitué d’une cellule en forme de poire, surmontée d’une hélice de sustentation bipale. Cette dernière est entraînée grâce à l’air éjecté de la turbine, installée juste en-dessous, qui est ensuite conduit jusqu’aux extrémités des pales du rotor d’où il est expulsé en la faisant tourner. Un socle circulaire permet au Do 34 de rester stable lorsqu’il est posé sur sa plateforme. En vol, des dispositifs sont intégrés pour permettre à l’appareil de rester stable malgré le vent soufflant parfois en rafale.

Le Do 34 opère à partir d’un camion spécialement aménagé avec une cabine de pilotage pour le "pilote" du drone et les deux opérateurs des systèmes, une zone de lancement et de récupération, le treuil permettant de dérouler et enrouler le câble et le réservoir pour le carburant aviation. Une fois mis en marche, il faut environ six minutes au Kiebitz II pour se stabiliser à son altitude maximale, après avoir déroulé les 300 mètres de câble qui le relie au camion. Ce câble qui maintient l’appareil est également constitué de fils permettant le transfert de données et d’un tuyau qui alimente en carburant la turbine du drone. Ce dispositif devrait théoriquement permettre une autonomie quasi-infinie pour autant que le réservoir de carburant soit constamment rempli, mais en réalité les missions dépassent rarement les 24 heures autorisés par le volume du réservoir. Le système opérationnel constitué du camion et du drone captif est renommé Kiebitz-Argus.

Les 300 mètres au-dessus du sol permettent une visibilité optique d’environ 65 kilomètres en terrain dégagé. Compte tenu de la capacité des ondes électromagnétiques à suivre partiellement la courbure de la terre, la portée d’un radar atteint même 85 kilomètres. Ce radar embarqué, qui doit être le fruit d’une coopération avec le constructeur français LCT, permet de repérer les positions de l’adversaire, mais également les menaces aériennes telles qu’avions ou missiles d’approchants. Son antenne peut pivoter à 360°C, ce qui explique la forme particulière du radôme qui donne cette silhouette caractéristique en forme de poire du Do 34. Les autres systèmes embarqués, principalement des contre-mesures électroniques, permettent de ne pas être repéré et d’éviter d’être pris pour cible.

En 1981, la France se retire du programme, laissant l’Allemagne continuer seul. La même année, durant des exercices avec la troupe, le Do 34 surprend par sa qualité de détection en étant capable de déterminer les types d’hélicoptères en mesurant, grâce à l’effet Doppler, la vitesse de rotation des rotors de sustentation. Par contre, il apparaît que l’altitude de 300 mètres/sol déterminée en 1972 est trop faible compte tenu des avancées technologiques. En effet, dix ans plus tard les dispositifs de surveillance radar peuvent avoir des portées de l’ordre de 150 kilomètres, ce qui voudrait dire que le drone devrait voler au moins à une hauteur de 1000 mètres/sol pour en bénéficier. Cette hauteur est physiquement impossible pour un système du même type que le Kiebitz sans avoir recours à un étage intermédiaire pour l’alimentation du carburant. Dornier propose alors un nouveau système avec une plateforme libre, mais entre-temps la Bundeswehr a changé son concept de reconnaissance, préférant faire intervenir les avions de reconnaissance pilotés de la Luftwaffe.

Dornier doit donc abandonner son programme en septembre 1981 après 550 vols, dont 47 à 300 mètres, et 165 heures de vol. Les systèmes volants Do 32K Kiebitz I et Do 34 Kiebitz II sont aujourd'hui exposés au musée Dornier de Friedrichshafen. Le second Do 34 construit est exposé au Wehrtechnischen Sammlung à Koblenz. Par contre, les stations au sol sont mises au rebut et les camions empruntés sont rendus à l'armée.


Caractéristiques du Do-34 :
Equipage : 0
Diamètre du rotor de sustentation : 8,4m
Masse à vide : 350kg
Masse au décollage : 550kg
Masse du câble (300m) : 85kg
Charge utile : 140kg
Moteurs : une turbine Allison 250 C20 de 309kW (420ch)

Performances :
Vitesse ascensionnelle : 0,83m/s
Hauteur opérationnelle : 300m/sol
Endurance : 24h
Armement : Sans.



Liens internet :
https://de.wikipedia.org/wiki/Dornier_Kiebitz
https://www.airliners.net/photo/Germany ... tz/2277653
http://www.aviastar.org/helicopters_eng ... kibitz.php
http://aviadejavu.ru/Site/Crafts/Craft34036.htm
http://www.aviationmuseum.eu/Blogvorm/w ... iebitz.jpg

" J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres." A. Einstein

Une belle et bonne raclée comme on aime par ici!
Messagepar Jericho » 09 Septembre 2019, 14:46

" J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres." A. Einstein

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