Messagepar ciders » 04 Juin 2011, 21:56
Historique :

Dans le milieu des constructeurs aéronautiques japonais des années 1930, la petite société Nippon Kôkû Kogyô K.K semblait ne pas beaucoup peser. Pourtant, sous l'influence de son dirigeant, le riche homme d'affaires Junkichi Terada, cette entreprise devait tenter de s'implanter sur le lucratif marché des appareils militaires. Ces tentatives ne furent pas toutes couronnées de succès, comme en témoigne l'appareil qui va suivre.

A la fin des années 1930, l'essentiel des capacités de transport de l'Armée impériale japonaise reposaient sur le Nakajima Ki-34, un modèle développé à partir du Douglas DC-2, dont Nakajima avait pu obtenir une licence de fabrication. La production battait alors son plein, et ne devait cesser qu'en 1942. Cependant, l'Armée impériale commença à réfléchir à son successeur. A la fin de l'année 1939, une demande fut faite en ce sens. La Nippon Kôkû Kogyô K.K sauta sur l'occasion.

En septembre 1938, les ingénieurs de la société avaient lancé le développement d'un appareil de transport, connu alors sous la désignation TK-3 (Terada-Kokên 3). Il devait effectuer son premier vol le 25 avril 1939. Sous-motorisé (deux moteurs Gasuden Tenpu de 300 ch chacun, lui donnant une vitesse maximale de seulement 250 km/h), le TK-3 ne retint pas l'attention des autorités militaires. Celles-ci accordèrent leur attention à deux autres programmes, ceux du Kawasaki Ki-56 (copie sous licence du Lockheed Super Electra) et du Mitsubishi Ki-57 (version du bombardier Ki-21 destinée au transport).

Cependant, l'entreprise ne se découragea et bénéficia des retards des deux autres programmes ainsi, tout comme le Kawasaki Ki-32 à la même période, de la perspective d'un nouveau conflit dans le Pacifique. Désireux d'accroître le plus vite possible leurs capacités de transport, les responsables de l'Armée impériale se retournèrent vers le TK-3. A leur demande, les ingénieurs de la Nippon Kôkû Kogyô K.K apportèrent de profondes modifications au projet initial. Le nouvel appareil, désigné comme le Ki-59 (Rikugun Ichi -Shiki Yusô-ki, appareil de transport de l'Armée type 1), effectua son premier vol à la fin de l'année 1940. Il fut alors accepté, et la production en série débuta en juillet 1941.

Le Ki-59 était un appareil de transport monoplan, à structure métallique, avec une voilure montée en position haute. Il semblait curieusement anachronique, se rapprochant par son aspect extérieur de certains appareils britanniques des années 1930. Le train d'atterrissage, entièrement fixe, se composait de deux jambes de train verticales montées sous les nacelles moteurs (avec des carénages de roues), et d'une roulette de queue. Le Ki-59 était "court sur pattes", ce qui facilitait les opérations de chargement et de déchargement, opérations qui s'effectuaient notamment par une unique porte triangulaire au milieu du fuselage.

La motorisation avait évolué durant la gestation du Ki-59. Sur le TK-3, la propulsion était assurée par deux moteurs Gasuden Tenpu, d'une puissance unitaire de 300 ch. Les performances engendrées par des moteurs étaient clairement insuffisantes. Aussi, les Gasuden Tenpu furent-ils remplacés à la demande des autorités par deux Hitachi Ha-13 Kô, qui développaient chacun 450 ch et entraînaient une hélice tripale métallique à pas réglable au sol. Cependant, ils s'avérèrent eux aussi insuffisants et la vitesse maximale du Ki-59 dépassait à peine les 300 km/h.

Le Ki-59 n'emportait aucun armement, et il n'avait pas été conçu pour en emporter. Ses capacités étaient ailleurs : chaque appareil pouvait embarquer jusqu'à 8 passagers, ou une tonne de fret. A titre de comparaison, le Nakajima Ki-34, légèrement plus grand et pourvu d'une motorisation supérieure, ne pouvait emporter que 200 kg de fret supplémentaires. Pour les passagers, chaque flanc du fuselage était percé de plusieurs petits hublots circulaires.

Malheureusement, le Ki-59 s'avéra très décevant sur bien des points. Ses performances étaient trop peu satisfaisantes. Très lent, l'appareil représentait une proie facile pour n'importe quel appareil allié. Son rayon d'action était également limité, ce qui réduisait son intérêt pour l'Armée impériale, obligée de déplacer hommes et matériels sur des distances de plus en plus grandes. Surtout, jamais la Nippon Kôkû Kogyô K.K ne fut en mesure de produire un nombre suffisant de Ki-59. Malgré sa fusion avec une autre société (Nippon Kôkûki Kogyô K.K), jamais l'entreprise de Junkichi Terada ne fut capable de produire plus de douze appareils par an, soit une capacité théorique de seulement un avion par mois. Tout cela était clairement insuffisant.

Finalement, au début de l'année 1943, l'Armée impériale ordonna la fin de la production, après seulement 19 exemplaires (en plus de l'unique prototype). Les rares Ki-59 en service furent affectés à des unités de transport ou à des écoles, loin du front. L'appareil ne fut pas totalement mis de côté, et servit de base au développement du planeur d'assaut Kokusaï Ku-8 (nom de code allié : Goose, puis Gander) qui devait servir à la fin de la guerre, notamment dans les Philippines. Environ sept cents de ces planeurs, d'une capacité d'emport de vingt soldats, devaient être construits, un nombre bien supérieur à celui des Ki-59.

Les services de renseignement alliés lui attribuèrent le surnom Theresa.

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Caractéristiques :

Version :

Kokusai Ki-59

Type :

Appareil de transport léger

Équipage :

3 hommes

Moteurs :

2 Hitachi Ha-13 Kô, de 9 cylindres en étoile, à refroidissement par air, d'une puissance unitaire de 450 ch (510 ch au décollage)

Poids :

Masse à vide : 2 880 kg
Masse maximale au décollage : 4 400 kg

Performances :

Vitesse maximale : 307 km/h à 1 800 m
Vitesse ascensionnelle : 1 000 m en 3 min 24 s ; 3000 m en 10 min 57 s
Plafond opérationnel : 7 500 m
Distance franchissable maximale : 800 km

Dimensions :

Envergure : 17 m
Hauteur : 3,05 m
Longueur : 13,40 m
Surface alaire : 38,40 mètres carrés

Armement :

Aucun

Capacités :

8 passagers ou 1 000 kg de fret

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Images :

:arrow: Vue de profil
:arrow: Vue sous plusieurs angles
:arrow: Kokusai Ku-8 au sol
:arrow: Kokusai Ku-8 ouvert

Ah que je destroye tout ! Ou pas. :p

Sur AMN : Ciders, commandeur suprême, 10872 messages, inscrit le 02 septembre 2006, à 22 h 18
Messagepar Clansman » 31 Août 2012, 19:41

Rang, sang, race et dieux n'entrent en rien dans le partage du vice... et de la vertu. (de Cape et de Crocs, tome 1).

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