(soyons un peu chauvins !)
Messagepar Pilou » 25 Juin 2006, 11:28
Un avion que j'ai toujours aimé, de par sa forme que je qualifierai de rigolote.
Il a été conçu initialement pour la lutte anti-sous-marine, mais il s'est ensuite spécialisé dans la détection aérienne et de surface. L'arrivée des E2-C Hawkeye ont signé sa fin de carrière.
Il était connu pour son radar Iguane et son système de navigation Omega Equinox.
Quelques photos ICI, ICI et LA.
Que pensez-vous de cet appareil?

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Messagepar ogotaï » 25 Juin 2006, 11:31
Le seul appareil capable de décoller des Foch et Clémenceau sans la catapulte... Le seul aussi qui pouvait emmener des personnels non naviguant puisqu'il y avait 3 places !
Les naviguants qui volaient dessus l'aimaient bien, de ce qu'ils ont bien voulu me dire... mais je crois que tout le monde se demandait un peu à quoi il servait à la fin ! :?

Messagepar Pilou » 25 Juin 2006, 11:37
Ah oui, c'est vrai ! Je n'avais jamais pensé à ça : qu'il décolle sans catapulte! :shock:
A noter que 12 modèles ont été vendus à la marine indienne.

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Messagepar Ex-zefarton44 » 25 Juin 2006, 16:00
En effet magnifique avion, j'en ai un en maquette, ainsi que le Clémenceau (ex-Foch), j'adore la derniere photo en survol au-dessus des Glénans (Archipel de 7 îles situé à l'ouest de Quimper, à environ 1 heure de bateau de Bénodet). C'est une magnifique région où j'ai eu la chance de naviguer, mais jamais survolé en avion (c'est bien dommage...).

Messagepar Pilou » 25 Juin 2006, 18:31
Absolument Tuckson :wink:
Je dirai même plus : il est utilisé par les Atlantique 2 :lol:
:arrow: Radar Iguane de l'Atlantique 2

Vous avez ICI une fiche détaillée de l'Alizé et de ses équipements :wink:

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Messagepar ogotaï » 23 Mai 2007, 16:46
Un petit topo sur un serviteur loyal de l'aéronavale :wink:

Génèse
En 1948, suite à une demande de la marine nationale concernant un appareil embarqué d’attaque, Breguet réalise le Breguet 960 Vultur. Motorisé par un turbopropulseur Armstrong Siddeley Mamba à l'avant entraînant une hélice quadripale, et d'un turboréacteur Rolls-Royce Nene de 2270 kg de poussée, à l'arrière.
2 prototypes furent construit, le second donnant pleinement satisfaction (turbopropulseur plus puissant). Toutefois, la menace avait évolué et le nouvel appareil devait se spécialiser dans la lutte anti-sous-marine. Trop lourd pour le format des futurs porte-avions (Foch et Clémenceau) et encombré par son réacteur, le vultur n°2 fut modifié pour donner naissance au Breguet 965, premier prototype du futur « Alizé »

Les premiers essais de catapultages-appontages furent réalisé en décembre 1958 sur le porte-avions « Arromanches » par le prototype n°2 (Br 1050-02)
L’appareil de série est propulsé par un turbopropulseur Rolls-Royce "Dart" R.Da.21 de 1 950 ch sur l'arbre au décollage, à 1 500 tr/mn, avec une poussée résiduelle de 185 kgp (les spécialistes apprécieront, moi non…) :? .
La place libérée par le réacteur est utilisé pour loger un radar de détection et de navigation DRAA2A dont le radôme escamotable mesure environ 1m30.

Configuration
La cabine –triplace- de l’Alizé est conditionnée, mais non pressurisée. Pilote à l’avant gauche, navigateur à l’avant droit, l’opérateur radar est juste derrière, dans le sens contraire de la marche.
Un 4ème siège pouvait être disposé totalement à l’arrière de la cabine pour un moniteur radariste par exemple.

Une des particularités de l’Alizé est qu’il pouvait décoller des Foch et Clémenceau sans les catapultes, en utilisant simplement la longueur total du pont d’envol, et ce à une masse maximale de 7 tonnes. Cette particularité à été utilisée en condition opérationnelle en 1982 au large du liban (panne des catapultes du Clémenceau).

Armement/équipement de lutte
L'armement pouvait comprendre des grenades ASM de 160 kg (3 en soute et 2 à des points d'attache sous la voilure interne), une torpille électroaccoustique (autoguidée, en soute également), des bombes lourdes à la place des grenades, des bombes légères ou des roquettes (jusqu'à 127 mm) aux 6 points d'attache de la partie externe, repliable, de l'aile ; deux engins AS 12 filoguidés pouvaient également être accrochés à ces mêmes points.
Après 1991, tous ces équipements offensifs ont été débarqués.
7(x2) bouées acoustiques sont logées à l’avant des nacelles de train principal.
En mission de remorquage de cibles, un dévideur largable pouvait être installé sous l'attache du plan central gauche, la cible étant logée dans la soute, durant la phase " roulage-décollage " du vol
Un réservoir supplémentaire pouvait être monté en soute (500 litres, s'ajoutant aux 2100 litres des réservoirs "normaux").

Production/utilisation
Plusieurs pays s’étaient montrés intéressés en dehors de la France.
L’offre d’achat de l’Indonésie fut rejeté en raison des risques de conflit avec les Pays-Bas.
Le Brésil évalua l’appareil mais lui préféra le Grumman Tracker.
Seul l’Inde acquis 12 appareils, ce qui en plus des 75 appareils commandés par le gouvernement Français, conduisit donc le Breguet 1050 Alizé à être construit à 87 exemplaires (en plus des 5 appareils de pré-série). La production s’étala entre le 31 mars 1959 et 19 juillet 1961.
A noter que les Alizé Indien servirent durant la guerre Indo-Pakistanaise et détruisirent notamment un Sous-marin Pakistanais (classe Daphné) le grenadant et l’achevant à coup de roquettes.
Plus de détails sur ce site.

En France, le Breguet 1050 Alizé à servi au sein des flotilles 4F, 9F et 6F. Les 7 derniers exemplaires (flotille 6F) furent retirés du service actif en septembre 2000, et remplacé par le Hawkeye (réactivation de la flotille 4F).
Il a également été utilisé au sein des escadrilles 2S, 3S, 10S et 59S en tant qu’appareil de servitude (liaisons…), d’expérimentation ou d’entrainement.

Rôle et améliorations successives
Ses principaux rôles qui évoluèrent au fil du temps étaient :
- La détection anti-sous-marine
- L'élaboration de la situation de surface
- La surveillance de surface
- Le repérage et le guidage sur des objectifs au sol
- L'écoute électronique
- Le relais radio
- La direction des opérations de récupérations au cas d'éjection et notamment le rôle de chef de mission pour un sauvetage en territoire hostile (SAR de combat)
- Le secours en mer
- La lutte contre la pollution maritime.
D’autres missions moins habituelles purent leur être confiés : la 9F, par exemple, participa à deux reprises à la surveillance des zones de tirs nucléaires, dans le Pacifique.

Trente avions furent améliorés en 1964-65 et reçurent les équipements suivants :
- Système de bouées sonores Jézebel.
- Torpille Mk-43.
- Missile anti-surface AS-12.
(sur la photo, sont entourés le radar et le phare d’atterrissage, caractérisant les Alizé d’origine)
En novembre 1974, la Marine envisageait d'utiliser l'Alizé jusqu'en 1990 c'est pourquoi un important programme de modernisation fut lancé entre 1978 et 1983). Les 28 avions re-désignés ALM (ALizé Modernisé) furent équipés à l'occasion des matériels suivants :
- Radar Thomson-CSF DRAA-10A "Iguane".
- Détecteurs de radars ARAR-12A (ESM).
- Système de traitement des bouées acoustiques ARR-52.
- Système de navigation Omega Equinoxe.
(Sur la photo, le détecteur de radar ARAR-12A en 1 & 4, le système équinoxe en 2 et le nouveau radar en 3)
En 1989, à la suite des opérations OLIFANT au Liban, l'autoprotection de l'avion est renforcée avec une nouvelle peinture basse réflection et en apportant des modifications diverses (circuit hydraulique, générateur d'électricité, adaptation d'un calculateur de séquence de leurrage pour lance-cartouches LC III, postes UHF/VHF...) aux 27 appareils encore en service.
La dernière amélioration a été réalisé entre 1996 et 1997 : 15 avions (anciens ALM) re-désignés ALH (ALizé mis à Hauteur)[ furent modernisés. Ils reçoivent notamment un nouveau pilote automatique, une caméra FLIR Chlio, un compensateur électrique, la capacité d'emport du FLIR dans la nacelle de l'aile gauche, le panneau des pannes est modernisé et enfin la chaîne de cap & le système ESM sont rénovés.
(Sur la photo, la caméra Flir)
Sur sa fin de carrière, l’équipement de l’Alizé n’étant plus adapté à la lutte anti-sous-marine (en tout cas à sa détection), l’appareil était surtout utilisé en tant que guet aérien (veille anti-surface), et appareil de guerre électronique (interception, brouillage, relais…).

Caractéristiques technique

LONGUEUR
13. 86 m
ENVERGURE
15. 6 m (7 m ailes repliées)
HAUTEUR
5 m
SURFACE ALAIRE
36 m²
POIDS
5 700 kg (vide) / 8 200 kg (max au catapultage) / 7 100 kg (max à l’appontage)
VITESSE MAX AU NIVEAU DE LA MER
459 km/ h
VITESSE MAX A 10 000 PIEDS
470 km/ h
VITESSE DE PATROUILLE A 1 500 PIEDS
232 km/ h
TAUX DE MONTÉE
421 m/ min
PLAFOND
6 248 m
ENDURANCE A VITESSE DE PATROUILLE ET RADAR BAISSÉ
5 h 12 min
ENDURANCE AVEC CARBURANT MAX
6 h 55 - 7 h 40
RAYON D'ACTION MAX
2 500 km
CONSOMMATION
350 à 700 l par heure
PUISSANCE
1 950 ch



Selon French navy.com les huit derniers exemplaires stockés à Nîmes-Garons sont encore capables de voler 100 000 heures de plus !
C'est pourquoi la société Thales Airborne Systems les a acheté afin de moderniser ces vieux guerriers en AMASCOS (Airborne MAritime Situation COntrol System/ Système de Contrôle de la Situation Aéromaritime). Cette version va être équipée d'un radar Océan Master et câblée pour tirer des missiles air-surface de nouvelle génération.

Ecorché du Breguet 1050 Alizé

http://pic.aceboard.net/img/97598/529/1113934498.jpg
http://pic.aceboard.net/img/97598/529/1113934680.jpg


Source : le fanatique de l’aviation, frenchnavy.free.fr, aeronavale.free.fr, netmarine.net, avions.legendaires.free.fr

Messagepar Ex-RogCas » 23 Mai 2007, 17:14
ogotaï a écrit:L’appareil de série est propulsé par un turbopropulseur Rolls-Royce "Dart" R.Da.21 de 1 950 ch sur l'arbre au décollage, à 1 500 tr/mn, avec une poussée résiduelle de 185 kgp (les spécialistes apprécieront, moi non…)

Je reposte là donc :

L'énergie cinétique libérée par les gaz brûlés dans le turbopropulseur est utilisée de trois façons. Elle sert à actionner les turbines qui entrainent les compresseurs, elle actionne la turbine qui entraine l'hélice par l'intermédiaire du réducteur. Enfin les gaz d'échappement qui possèdent une énergie résiduelle non récuperée par les turbines procurent une poussée supplémentaire qui s'additionne à celle procurée par l'hélice.

Source

:wink:

Superbe fiche, j'adore, bravo ogotaï !

Messagepar Ex-wizard » 23 Mai 2007, 20:24
Moi aussi j'aime beaucoup l'Alizé (apres evidement le Super Etendart ,l'Etendard IV ,le F105 (et un autre que je garderais secret :mrgreen: ) .L'Alizé as une bouille tres sympa et semble super sympa à piloter .
Félicitation et merci Ogotai pour cet exellent exposé :D

Messagepar Ex-RogCas » 23 Mai 2007, 22:07
Tuckson a écrit:On ne le répètera jamais assez : un turbopropulseur est un réacteur avec une hélice au bout, tout simplement. :wink:

C'est pragmatique : j'adore !

:wink:

Mais faut pas oublier les systèmes de propfan, où il y a une vraie tuyère d'éjection combinée à des hélices en forme de cimetère.

Messagepar Pilou » 24 Mai 2007, 13:26
Bravo ogotaï ! :wink:

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Messagepar Ex-Cluster » 24 Mai 2007, 13:38
Excellent exposé. Question : Les appareils rachetés par Thalès vont être proposé à la vente ? Si oui à qui ? Ou bien vont -il seulement servir de démonstrateur ?

Messagepar Ex-wizard » 24 Mai 2007, 20:25
Je crois savoir qu'ils ont été proposé au Brésil et/ou à l'Inde sans succès ,depuis ... :?

Messagepar Ex-viner » 28 Mai 2007, 14:41
Fiche très interressante et complète.

Par contre je ne m'y ferai jamais pour moi c'est l'un des avions le plus laid de l'armée francaise (sauf peut être le Potez 75)

Messagepar Pilou » 28 Mai 2007, 17:24
viner a écrit:Fiche très interressante et complète.

Par contre je ne m'y ferai jamais pour moi c'est l'un des avions le plus laid de l'armée francaise (sauf peut être le Potez 75)


Nous n'allons pas être copains là. :mrgreen:

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